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LE TRÉSORIER N° 13  avril 2006

  

ÉDITORIAL:Ensemble Optimisons le temps et les compétences.. par Diby Koffi Charles.

   

 

 

 

LUCARNE:La trésorerie Général 

      

e d'Abengourou

 

 

 

TRIBUNE: Koffi Adrin Daniel, Trésorier Général d'Abengourou          

 

"Les Trésoriers  sont des faiseurs de paix"

 

 

 

 

Le Trésorier en ligne Consulter l'archive 
   

 

Voir le Trésorier N°12

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ÉDITORIAL: «Ensemble, optimisons  le Temps et les Compétences.»  par Diby Koffi Charles

 

 

La qualité est un concept aussi vieux que le monde et est perçue de façon dynamique et naturelle dans des domaines comme l'industrie, en ce qu'elle constitue un facteur de compétitivité.

Mais de nos jours, la qualité gagne de plus en plus le secteur des services et notamment celui du service public.

Ainsi, la satisfaction des besoins, des attentes des usagers et clients représente, au même titre que l'observation rigoureuse des règles de bonne gestion, c'est-à-dire de bonne gouvernance des facteurs de crédibilité de la gestion publique.

Aussi, avons-nous démontré notre plein engagement en matière d'amélioration du service public, en mettant en place le dispositif institutionnel pouvant permettre au Trésor Public d'implanter et de conduire de façon graduelle le programme Qualité, pour l'amélioration continue de nos prestations et de nos processus.

En effet, nous ne pouvons consolider nos acquis et les améliorer, qu'en intériorisant des comportements en cohérence avec les principes universels de gestion. De plus, la conduite efficiente de l'action administrative doit être adossée aux exigences de changement et de modernité, ainsi qu'à la mise en œuvre d'une vision managériale commune. A cet égard, toutes les initiatives qui visent à corriger les faiblesses et les insuffisances relevées ça et là, sont à encourager et seront soutenues et appuyées.

IL nous faut réduire et ramener à une portion congrue, les obstacles à l'efficacité et à l'efficience dans l'exécution du service public. En donnant l'exemple de la ponctualité et de l'assiduité, nous restituons au temps sa vraie dimension, à savoir qu'il est un facteur de productivité.

En cette nouvelle année, je voudrais vous féliciter pour les résultats obtenus et vous encourager à poursuivre les efforts sur la voie que nous nous sommes tracée : celle de nous investir résolument à satisfaire au mieux les besoins des usagers et par­tenaires de notre Administration.

Au total, il convient de faire partager cette vision commune à l'ensemble du personnel du Trésor Public en maintenant un environnement qui favorise l'engagement de chacun dans le changement : tel est l'enjeu de notre réussite.

Cette vision suppose un changement des mentalités et des comportements pour créer une dynamique devant assainir les rapports entre agents de manière à relever de nouveaux défis qui se résument pour l'heure à optimiser le temps et les compétences.

 

DIBY Koffi Charles

Directeur Général du Trésor

et de la Comptabilité Publique

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LUCARNE : LA TRÉSORERIE GENERALE D'ABENGOUROU

La Circonscription Financière d'Abengourou fait partie des services de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique.

 

Elle comprend :

  1. Une (1) Trésorerie Générale : la Trésorerie Générale d'Abengourou;

  2. Trois (3) Trésoreries : les Trésoreries d'Agnibilékrou, de Bettié et de Niable;

  3. Deux (2) Paieries Départementales : les paieries départementales d' Abengourou et d'Agnibilékrou ;

  4. Quatre (4) Communes : les communes d'Abengourou, d'Agnibilékrou, de Bettié et de Niable.

La Trésorerie Générale d'Abengourou, chef-lieu de la Circonscription Financière, objet du présent article, sera présentée à travers son évolution, ses missions, son organisation et son fonctionnement.

 
PRÉSENTATION DE LA TRÉSORERIE GENERALE D'ABENGOUROU

 

Historique

Le Poste Comptable d'Abengourou, depuis sa création a connu différentes évolutions. De Trésorerie.

Départementale en 1975, par décret 75-111 du 17/2/1975, elle fut érigée en 1998 en Trésorerie Régionale par décret N° 26 MEF/DGCPT/ du 18/1/1998 et transformée en 2004, en Trésorerie Générale, par décret 2004/97 du 29/01/2004. Jouxtant la Préfecture, la Trésorerie Générale.

d'Abengourou est située au Plateau, quartier Résidentiel qui abrite la quasi totalité des services administratifs de la commune.

 

M. KOFFI Adrin Daniel, Administrateur des services   financiers   est   le   chef de   la Circonscription financière, depuis le 24 février 2005. Il est assisté dans sa tâche par un   Fondé   de   Pouvoirs,   M.   Mahamed Diawara, Inspecteur du Trésor.

 

Depuis sa création, plusieurs personnalités se sont vues confier la gestion du Poste compta­ble. Il s'agit de :

  • M. DAGO Dadié ;

  • M. KOUADIO Koffi Gérard ;

  • M. ANO Beugré ;

  • M. BROU YAPO Théodore;

  • M. TAPE Touapli ;

  • M. NIAMIEN Houssou ;

  • M. BOUADOU EBA Julien ;

  • M. ABOUA KOUADIO Benjamin ;

  • M. KASSI Ettien ;

  • M. GBEULI Gabriel ;

  • M. Jean PELEGRE.

Les missions

 

Les missions assignées à la Trésorerie Générale d'Abengourou peuvent être classées en deux catégories :

  • une mission d'ordre comptable et financier ;

  • une mission d'ordre administratif.

La mission d'ordre comptable et financier Elle consiste à exécuter les tâches suivantes : le règlement des dépenses de l'État (crédits délégués, FIAU, FRAR, salaire des agents de l'État et divers) ; L’exécution des budgets des Collectivités territoriales en recettes et en dépenses ; le recouvrement des recettes fiscales et non fiscales ; la gestion des fonds et valeurs ; le recouvrement des Fonds Sociaux par le biais d'une coordination régionale ; la tenue de la comptabilité de toutes les opérations financières de l'État, des collectivités territoriales et des organismes publics ; le contrôle de tous les postes comptables rattachés de la circonscription financière ; le suivi des Institutions de Microfinance.

 

La mission d'ordre Administratif Elle est assurée à travers : la représentation de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique par la mise en œuvre et le suivi sur le terrain de la politique du Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique, aussi bien au niveau du personnel que des usagers à savoir la promotion de la probité, de la propreté, de la convivialité et surtout de la disponibilité: la gestion du personnel de toute la circonscription financière. La coordination des activités de tous les postes comptables rattachés.

 

Organisation et Fonctionnement

 

Pour mener à bien les missions qui sont assignées par la Direction Générale, la Trésorerie Générale d'Abengourou fonctionne avec trente deux (32) agents repartis comme suit : Un (1) Administrateur des services financiers, un (1) Inspecteur du Trésor, six (6) Contrôleurs du Trésor et assimilés, huit (8) Commis du Trésor, deux (2) secrétaires comptables, quatre (4) secrétaires, un (1) Agent technique de statistique, trois (3) agents spécialisés des Travaux Publics, deux (2) Agents journaliers et quatre (4) Agents communaux. Ces agents sont repartis dans six (6) services que sont :

  • le service de recouvrement ;

  • le service de dépenses ;

  • le service de la comptabilité ;

  • le service communal ;

  • le service de compte de gestion ;

  • le secrétariat.

Chaque entité ci-dessus est dirigée par un Chef de service.

 

 
LES ACTIVITES DES DIFFÉRENTS SERVICES
 
M. MAMADOU Traoré :Chef de service recouvrement

Le service de recouvrement comprend six (6) agents dont trois (3) Huissiers du Trésor pour les poursuites. Ce service a en charge le recouvrement des impôts fonciers des localités de Niable et de Bettié et des ordres de recettes de la commune d'Abengourou. Grâce à la distribution de porte à porte, la quasi-totalité des avis d'impôts ayant des adresses fiables ont été distribués. Cependant, quelques difficultés entravent le fonctionnement optimum du recouvrement. Ce sont entre autres :

  • les difficultés d'accès des zones d'actions telle que Bettié ;

  • les adresses incomplètes ou erronées;

  • le manque de moyen de déplacement pour le recouvrement amiable.

Il est à noter quelques suggestions qui pourraient améliorer le fonctionnement du service. Il s'agirait de :

  • connecter le bureau du chef de service au module REC pour favoriser les saisies et les consultations;

  • transférer effectivement la Trésorerie de Niable en vue du rapprochement de l'admi­nistration des contribuables ;

  • assigner les impôts sur le PC 799 de Bettié ;

  • doter le poste de Bettié en personnel suffisant.

M. ASSEU ASSI Edmond : Chef de service dépenses

 

Le service des dépenses est animé par quatre (4) agents y compris le chef de service. Comme son nom l'indique, ce service a en charge le suivi des dépenses effectuées par la Trésorerie Générale au profit des usagers, des services extérieurs des Ministères et des Collectivités. Ce sont : les bons de caisse (pensions, solde), les crédits délégués et les projets FRAR.

 

Concernant les crédits délégués, notre service gère quatre vingt trois (83) services publics, avec un portefeuille de huit cent quarante sept millions (847 000 000) de francs CFA.

 

Avant tout paiement, notre rôle consiste à effectuer des contrôles de fond et de forme de toutes les pièces justificatives des dépenses (factures, bons de caisse, états etc.). La prise en charge qui intervient après le traitement des dossiers dans les registres consacre l'acceptation de la dépense qui sera soumise au paiement en fonction de la trésorerie disponible. Soulignons qu'en raison du nombre important des services bénéficiaires, nous avons installé un logiciel qui traite avec efficience tous les dossiers. Ainsi, pouvons-nous sortir, à tout moment, les différentes situations : ordonnancements, paiements, restes à payer et crédits disponibles.

 
M. TUO DIONI Diama : Chef de service comptabilité

En tant que chef-lieu de la circonscription financière, la  Trésorerie  Générale d'Abengourou est un poste comptable (PC) Centralisateur. A cet effet, le service de la comptabilité a des tâches qui se situent à deux niveaux :

 

Au premier niveau, à la journée, le service comptabilité assure :

  • la transcription des recettes et dépenses dans les différents livres divisionnaires, leur apurement et report au T10 ;

  • la vérification de la caisse et la confection du T45 en fin de journée ; A la quinzaine ou en fin de mois, les divers documents comptables (T10, T10 BIS, T45, T60, T55, T95, V60, V67) sont arrêtés, en même temps que l'établissement du certificat de concordance ;

  • l'apurement, la saisie, la validation dans le module REC, en ce qui concerne les recettes enrôlées puis dans Aster le T10 BIS. Ces opérations sont ensuite acceptées, comptabilisées suivies de la clôture de la journée concernée.

Les postes comptables rattachés que sont les Trésoreries d'Agnibilekrou (PC 608), de Niable (P C 719), de BETTIE (PC 799) et les deux Paieries Départementales, Abengourou (PC 743) et Agnibilékrou (PC 747) nous transmettent leur comptabilité chaque quinzaine à l'effet de procéder à l'apurement, à la saisie, à la validation et à la comptabilisation et au suivi de la clôture de la journée.

 

Au deuxième niveau, comme indiqué plus haut, le service comptabilité se comporte en PC centralisateur. A ce titre, il a pour rôle de :

 
  • réceptionner les messages électroniques des comptabilités des PC de bases ;

  • procéder à la vérification des pièces justificatives de recettes et de dépenses y compris celles de la Trésorerie Générale Abidjan (TGA) à partir des messages ;

  • accepter les messages dans le Module d'Échange Standard (MES) et les transférer dans la Comptabilité Générale de l'État (C G E) ;

  • comptabiliser et clôturer la journée concer­née ;

  • transférer physiquement les pièces justificatives de recettes et de dépenses aux comptables supérieurs en fonction des natures d'opérations (ACCT, RGF, PGT, RPI-C, RPD-C etACCC).

Le service de comptabilité dispose de huit (8) agents qui assurent son fonctionnement. Une difficulté est à noter à savoir la lenteur dans la transmission électronique des données sur le MES.

 

YAO N'guessan : Chef de service communal

Le service communal est chargé, sous la responsabilité du Trésorier Général en sa qualité de Trésorier Municipal, de l'exécu­tion comptable du budget de la commune d'Abengourou. Ce service produit également les comptes de gestion des opérations communales, en fin de gestion. Pour mener à bien cette mission, trois (3) agents se repartissent les tâches suivantes :

 

  • la tenue du Grand livre centralisateur (CT 01), des livres auxiliaires de dépenses (CT 02), de recettes (CT 03), des comptes hors budget et autres comptes de tiers (CT 04), des registres de valeurs inactives que sont les tickets de marché, de stationnement et les timbres municipaux ;

  • l'établissement des déclarations de recettes (CT 52) et leur prise en charge (CT53) ;

  • la production des relevés (CT24, CT54) et des différentes situations mensuelles (budgétaires, financières, trésoreries) dont certaines sont transmises, soit à la Mairie, soit à le DCPR.

S'agissant des difficultés de fonctionnement du service, elles se résument au volet de dépenses. A ce niveau, les contrôles de fond et de forme effectués avant la prise en charge des mandats font ressortir de façon récurrente des dossiers de paiement incomplets manque de délibérations, d'avis de municipalité et de bon de livraison. Quant aux satisfactions, elles se résument essentiellement à l'assistance du Trésorier Municipal dans la gestion quotidienne de différents dossiers et de l'équipement a matériel informatique. S'il y a un souhait à formuler, c'est celui d voir la gestion des régies communale confiées à des agents du Trésor Public afin d réduire l'emprise des ordonnateurs.

 
Mme BOUE Tésséléba Jeannette : Chef de service compte de gestion

 

Le service, animé par deux (2) agents, ( chargé de la tenue des registres FRAR, l'enregistrement en fin de quinzaine des 6 tares payées sur le budget général de l'E par les postes comptables d'Abengourou d'Agnibilekrou. Toutes ces opérations se centralisées dans le Grand Livre. Le service assure la confection du compte de gestion en fin d'année.

 

En ce qui concerne les pensions, nous accueillons les pensionnées, effectuons le contrôle des bulletins avant les paiements et procédons à l'émargement des fiches A et des bordereaux.

 
Mme KOUASSI Allé Clémence-Monique Epse NIASSON :Chef de service secrétariat

 

Le service du secrétariat se limite à ma seule personne. Je suis chargée de la saisie des cor­respondances, de l'enregistrement des cour­riers et de gérer les audiences, les rendez-vous du Trésorier Général et en même temps que ceux du Fondé de Pouvoirs. En ce qui concerne les conditions de travail, il y a eu un début de satisfaction par l'équi­pement en certains mobiliers notamment les chaises visiteurs, une commode pour ranger les documents posés à même le sol. Tous ces changements ont contribué à rehausser l'image du service.

 

Cependant, le local affecté au secrétariat n'est pas approprié car il sert également de passerelle aux agents du hall pour accéder à leurs différents bureaux. Vous comprenez que rien ne peut être confidentiel à cause des regards indiscrets qui pourraient se jeter sur l'écran, au moment où vous saisissez par exemple un courrier.

 

Notre vœu serait, alors, que la Trésorerie Générale d'Abengourou se dote d'un secrétariat répondant aux normes exigées à cet effet. De même, le service étant limité à ma seule personne, il serait souhaitable que nous soyons deux en raison du volume du travail, sans cesse croissant et de la paralysie du service que pourrait occasionner mon absence.

 

Dossier présenté par

Georges KOUASSI

Correspondant pour la

Trésorerie Générale

d'Abengourou

 

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TRIBUNE : " LES TRESORIERS SONT DES FAISEURS DE PAIX
 

Trésorier départemental à Duekoué, M. KOFFI Adrin Daniel a contribué à redonner confiance à la population de cette localité. Il a permis au Trésor Public de jouer un rôle prépondérant dans le processus de redéploiement de l'administration à Duekoué. Depuis 2005, il est Trésorier Général d'Abengourou. Décor certes différent mais la Trésorerie Générale d'Abengourou reste un vaste chantier. Le premier responsable de cette circonscription financière nous livre les grands axes de son plan d'actions. Interview.

 

M. Le Trésorier Général, présentez-vous à nos Lecteurs

 

Je m'appelle KOFFI Adrin Daniel. Je suis né en 1960 à Tiémélekro, marié et père de trois (3) enfants. Je suis Administrateur des Services Financiers et diplômé de l'École Nationale Supérieure de Travaux Publics de Yamoussoukro (ENSTP). J'ai travaillé aupa­ravant comme Ingénieur à la Direction des Routes, de septembre 1985 à mars 1987 ; puis à la Société MOTORAGRI comme Conducteur des travaux d'avril 1987 à décembre 1993.

 

Après huit (8) années d'activités professionnelles, je suis entré à l'École Nationale d'Administration (ENA) en janvier 1994 d'où je suis sorti diplômé du Cycle Supérieur Option Trésor, en décembre 1995.

 
Quelles sont les différentes fonctions que vous avez exercées depuis votre entrée au Trésor Public ?
 

J'ai pris service au Trésor Public en mars 1996, précisément à la Cellule d'Études, en qualité de Chargé d'Études. Ensuite, j'ai occupé successivement les responsabilités suivantes : 

  • juin 1997 à janvier 1998, Fondé de Pouvoirs à la Trésorerie Départementale d'Abidjan-Sud ;

  • janvier 1998 à mai 2001, Fondé de Pouvoirs à l'Agence Comptable de la Dette Publique ;

  • mai 2001 à juin 2003, Fondé de Pouvoirs à la Recette Générale des Finances ;

  • juin 1997 à janvier 2004, Agent comptable de l'ENA

  • juin 2004 à février 2005, Trésorier Départemental de Duekoué ;

  • Depuis le 24 février 2005, Trésorier Général d'Abengourou.

Pour votre premier poste, en qualité de Trésorier Départemental, vous avez servi à Duekoué dans le cadre du retour de l'administration dans le Moyen Cavally. Aujourd'hui, vous vous trouvez à la tête de la Trésorerie Générale d'Abengourou. Pouvez- vous nous décrire les contextes dans les deux cas?

 

Je voudrais rappeler très succinctement que ma nomination à la Trésorerie Générale d'Abengourou s'inscrit dans un contexte totalement différent de celui de la Trésorerie Départementale de Duekoué. A Duekoué, la mission qui m'avait été confiée était de parvenir progressivement à la reprise des activités des postes comptables de la circonscription financière restées fermées pendant près de deux ans, du fait de la guer­re. Elle a consisté aussi d'une part à mettre un terme à la souffrance des populations, surtout les retraités qui étaient obligés de se déplacer jusqu'à Daloa afin de percevoir leurs pensions et d'autre part de faire inscrire le Trésor Public en bonne place, comme maillon essentiel dans le cadre du retour de l'Administration dans le moyen Cavally, retour décidé par le Gouvernement de Réconciliation Nationale. Cette mission représentait à mes yeux, un double défi : défi personnel et défi pour le Trésor Public dont le rôle était capital pour la réussite du programme de redéploiement de l'Administration dans cette localité.

«La réconciliation des coeurs réalisée et le cadre de travail amélioré, j'ai mis le cap sur la recherche de la qualité comptable.»

Le décor désastreux trouvé sur place et les attentes des populations ont imposé ma feuille de route. Pendant onze (11) mois, mes collaborateurs et moi avions vécu une aventure fabuleuse et ouvert plusieurs chantiers que nous comptions poursuivre l'année suivante. C'est dans cet état d'esprit que j'ai appris ma nomination à la Trésorerie Générale d'Abengourou. Au sortir de l'Ouest pour l'Est, j'avais très peu d'appréhension car je savais que les sentiments de « stress » que j'éprouvais très souvent à Duékoué, en raison de l'insécurité, allaient laisser place à plus de sérénité à Abengourou. Au surplus, je savais que je venais pour diriger une Trésorerie dont le fonctionnement, depuis sa création, n'avait jamais été interrompu.

 
Quelle a été la priorité à votre prise de fonction à la Trésorerie Générale d'Abengourou ?
 

A ma prise de fonction, le 24 février 2005 à la Trésorerie Générale d'Abengourou, j'ai découvert avec stupeur une ambiance délétère au sein de cette Trésorerie. En effet, de profondes dissensions étaient apparues au sein du personnel au point où depuis plusieurs années certains ne s'adressaient même plus la parole. Même la mutuelle des agents, instrument de solidarité et d'entraide par excellence avait fini par ne plus fonctionner.

 

J'ai trouvé cette situation très préoccupante, car ne correspondant pas à l'esprit qui régnait partout dans les autres services du Trésor Public où j'ai exercé. A cette atmosphère, s'ajoutait un environnement de travail dégradé en raison de l'obsolescence des mobiliers et de la vétusté des locaux.

 

Toutes ces situations étaient pour moi, des entraves graves au bon fonctionnement du service. Je suis certain que mes prédécesseurs s'en étaient aussi préoccupés. Mais peut être n'avaient-ils pas eu le temps nécessaire de s'y consacrer. Pour ma part, j'avais choisi de commencer par là. C'est pourquoi, dès ma prise de service, ma première priorité a été de réconcilier les cœurs et restaurer l'environnement de travail.

 

En un mot, il fallait parvenir à réinstaurer l'esprit de convivialité , de fraternité et de solidarité disparu, réapprendre aux uns et aux autres à vivre ensemble et sur­tout créer un cadre de travail par­faitement rénové. C'était une étape décisive que je devais réussir avant d'entreprendre toute autre action.

Plusieurs séances de travail qui ont duré parfois des heures ont été organisées à cet effet avec l'en­semble du personnel. Ce fut une occasion riche en enseignements où nous avons pu obtenir le par­don des offenses. La Mutuelle a été également réactivée. Une pause-café de quinze minutes, chaque jour de 10 h à 10 h 15 mn, a été instituée dans le but de raffermir davantage les liens.

A ces occasions, je suis toujours présent ainsi que le Fondé de Pouvoirs.

En somme, je voulais ainsi humaniser les rapports au sein du service. Enfin, avec l'accord de Monsieur le Directeur Général, des micro-ordinateurs, des machines à calculer et de nouveaux meu­bles ont été acquis pour le grand bonheur des agents.

 
Après ces diligences, quelle a été la priorité suivante ?
 

La réconciliation des cœurs réalisée et le cadre de travail amélioré, j'ai mis le cap sur la recherche de la qualité comptable. C'est une tâche qui s'inscrit hélas dans la durée. Dès l'entame, les recommandations du procès-verbal de passation de service fixait ma feuille de route avec plusieurs diligences. Au total, il s'agissait de procéder sans délai, au toilettage de la comptabilité du poste par la régularisation de certaines situations erronées ou insuffisamment justifiées. Depuis lors, je m'emploie, chaque jour, avec mes collaborateurs à exécuter au mieux cette feuille de route.

 
« L'approche humaniste des rapports me paraît être source d'émulation et de succès indéniable.»
 
Quels sont, justement, vos rapports avec vos collaborateurs ?
 

Mes rapports avec mes collaborateurs sont excellents et empreints de courtoisie et de respect mutuel. En cela, j'essaie de m'inspirer de la démarche de Monsieur le Directeur Général. Voyez-vous, lorsque vous rencontrez ce Monsieur et qu'il vous salue, vous avez l'impression que c'est vous le chef. Quand il donne, vous avez aussi l'impression que c'est lui qui reçoit. Pourtant un adage bien de chez nous dit que « la main qui donne est toujours au dessus de celle qui reçoit ».

Au-delà de ses compétences techniques et managériales avérées, je pense que le bilan globalement positif que nous revendiquons, tous ensemble, depuis qu'il est à la tête du Trésor Public, tire sa source de son humanité dans ses rapports avec ses agents à l'intérieur de notre maison mais aussi avec ses partenaires extérieurs.

 
Quelle est votre approche managériale dans la gestion des hommes au sein de votre service ?
 

La petite expérience acquise dans la pratique des hommes durant les vingt (20) années d'activités professionnelles, me fonde à croire que la gestion des hommes par la baïonnette n'est pas la bonne méthode. D'ailleurs, elle a produit ses effets et surtout montré ses limites. En revanche, l'approche humaniste des rapports me parait être source d'émulation et de succès indéniable. Croyez-moi, dans la conduite de mes chantiers par le passé, j'ai pu obtenir des performances incroyables dans des délais inespérés.

 

A mon avis, le chef ne doit pas apparaître comme le bourreau de ses collaborateurs. Au contraire, il doit être le frère et l'ami de ceux-ci tout en sachant rester leur chef. Son humilité seule peut suffire à susciter leur obéissance et leur adhésion à la réalisation des objectifs à atteindre.

Le travail étant perçu, par beaucoup, à première vue, comme une contrainte, le chef doit s'efforcer de ne pas créer une atmosphère pesante faite de brimades et de réprimandes. Il doit plutôt rendre agréable et supportable chaque journée de travail et surtout proscrire toute attitude condescendante et méprisante.

En somme, il doit s'efforcer de vivre en parfaite osmose avec ses collaborateurs. C'est avec cet état d'esprit que je conduis modestement mes missions partout où je suis affecté.

 
Quel type de relations entretenez-vous avec la Direction Générale ?

 

En ma qualité de Trésorier Général, je suis au niveau de la circonscription financière le collaborateur direct de Monsieur le Directeur Général. Certes, s'il est vrai que cela représente une lourde responsabilité dont j'ai d'ailleurs pleinement conscience. Mais il n'en demeure pas moins vrai aussi que c'est quand même une position privilégiée.

Je voudrais indiquer simplement que je le représente localement. A ce titre, je suis tenu de mettre en œuvre et de suivre sur le terrain la politique générale définie par lui en toute matière : le recouvrement des Impôts, le règlement des dépenses, la tenue de la comptabilité, la gestion du personnel, etc. et de lui en rendre compte chaque fois soit par téléphone soit par courriers ou soit à travers les rapports d'activités trimestriels.

 
La Direction Générale du Trésor Public fait du label qualité son credo, comment appliquez- vous ce nou­veau concept au niveau de votre ser­vice ?
 

Je dois dire que le concept de la qualité qui est développé depuis quelque temps au sein de notre maison et qui est aujourd'hui le nouveau cap à atteindre apparaît pour beaucoup d'entre nous comme un néologisme.

 

S'il est vrai que le vocable est d'usage courant, traduire les exigences qualité dans l'Administration Publique et singulièrement au Trésor Public n'est pas chose aisée. C'est pourquoi, d'ailleurs, les experts qualiticiens s'emploient à permettre, par le biais des séances de formation, sa maîtrise. Il faut inscrire cela dans la durée et je suis sûr que d'ici quelques années, tous, nous aurons une bonne maîtrise de cette politique et pourrons mieux l'appliquer sur le terrain. Mais déjà localement nous cherchons à obtenir avec collaborateurs, la qualité comptable dans nos postes respectifs, à respecter et faire respecter les dispositions de notre code de déontologie ; bref à répondre avec célérité aux besoins de nos usagers.

 
La loi des finances 2005 a réduit le champ d'action du Trésor Public en matière de recouvrement. Quel est l'impact de cette nouvelle législation fiscale sur votre Trésorerie ?
 

Je voudrais rappeler que jusqu'à la fin de l'année 2003 et au début de l'année 2004, la Trésorerie Générale nos d'Abengourou était l'une des Trésoreries les plus liquides du pays. Avant 2003, elle était même sur liquide et procédait parfois à des nivellements sur le compte de l'Agence Comptable Centrale du Trésor (ACCT). Tout simplement parce qu'elle recevait à sa caisse, outre les recettes des impôts à lui assignées, les versements des recettes douanières.

Mais, à partir de 2001, plusieurs facteurs révélateurs vont perturber cette position privilégiée. D'abord, la création de la Recette  des Impôts Divers à Abengourou, a vu le transfert du recouvrement de l'Impôt foncier y compris le stock des arriérés à ce service. Toute chose qui a contribué à rétrécir le champ d'action et de compétence de la Trésorerie Générale.

 

«Les Trésoriers sont des faiseurs de paix dans leurs circonscriptions financières, car ils doivent veiller sur le climat de paix sociale et empêcher qu'il y ait des remous sociaux»

 

Ensuite, à partir de 2004, une disposition des services des Douanes, interdisant l'entrée des marchandises non originaires de la CEDEAO sur le marché ivoirien par voie autre que celle de la mer, a privé la Trésorerie Générale des versements des recettes de porte d'environ quatre vingt millions (80.000.000) de Francs CFA par mois.

Enfin, en 2005, l'annexe fiscale à la loi des finances a confié le recouvrement des patentes et licences aux services de la Direction Générale des Impôts.

En somme, c'est, au bas mot, près de trois cent millions (300.000.000) de Francs CFA de recettes fiscales et douanières qui échappent mensuellement à la caisse de la Trésorerie Générale d'Abengourou, chaque mois, créant du coup une tension intenable de trésorerie.

 

Aujourd'hui, la Trésorerie Générale d'Abengourou est réduite seulement à la vente des timbres fiscaux et des papiers timbrés. A titre d'exemple, pour le 3ème trimestre 2005, les recettes fiscales recouvrées s'élèvent à cinq cent quatre vingt onze mille six cent quatre vingt onze (591.691) francs CFA. Tandis que sur la même période les dépenses de pensions assignées sur le poste comptable se chiffrent à trois cent huit millions cinq cent quarante six mille six cent dix sept (308.546.617) francs CFA. Pour le règlement de toutes ces dépenses, il faut attendre les approvisionnements de l'ACCT. Malgré les efforts faits par ce service, la situation reste toujours tendue.

 
Face à la persistance de la tension de trésorerie, quelles sont les mesu­res que vous avez prises pour amé­liorer localement les recettes ?
 

Au niveau de la commune, il a été procédé au redéploiement des collecteurs et une meilleure répartition de leurs tâches en vue d'une plus grande mobilisation des ressources propres. Depuis cette réorganisation, les recettes s'améliorent.

 

En outre, la réorganisation du service de recouvrement a été engagée pour impliquer davantage les Huissiers du Trésor dans les relances amiables. Leur intervention commence, dorénavant, depuis le rattachement jusqu'à la distribution des avis d'imposition, en faisant du porte à porte. Redéployés sur les trois Postes comptables rattachés, ils ont aidé à la distribution de la quasi-totalité des avis d'impôts.

Enfin, des campagnes de sensibilisation à la radio locale et des missions d'appui au recouvrement ont été organisées dans les différentes Trésoreries.

Malgré tous ces efforts, les résultats enregistrés sont loin de combler nos attentes ; car ces localités, jadis, prospères sont, aujourd'hui durement touchées par la pauvreté, du fait de la mévente des deux produits de base que sont le café et le cacao.

 
Comment parvenez-vous à apaiser les esprits face aux difficultés de règlement des dépenses ?
 

Je voudrais indiquer que les usagers deviennent de plus en plus impatients, exigeants et parfois menaçants. Les rendez-vous avec nos parents les retraités, chaque fin de mois, sont vécus comme un véritable cauchemar. Ce n'est plus un secret pour personne, les Trésoriers sont parfois menacés dans leur intégrité physique et morale. Ils sont tenus pour responsables des retards constatés dans le paiement ou même de l'impossibilité d'assurer le paiement.

 

Heureusement que cette situation n'est que conjoncturelle car avant 2002 la situation n'était pas aussi préoccupante qu'elle l'est aujourd'hui. La tension de trésorerie vécue actuellement n'est qu'une des conséquences tangibles de la crise politico-militaire que connaît le pays et qui hélas perdure. Quand les ordures ménagères ne sont pas ramassées, on dit que c'est le Trésorier, il en va de même pour les pensions, les bourses et les salaires des agents communaux ; si bien que les Trésoriers sont devenus de véritables gestionnaires de la cité. Ils sont des faiseurs de paix dans leurs circonscriptions financières respectives, parce qu'ils doivent veiller sur le climat de paix sociale et empêcher qu'il y ait des remous sociaux.

Pour apaiser les esprits, il faut donc user de beaucoup de tact, de sagesse et surtout avoir une bonne dose de maîtrise de soi pour ne pas perdre son self contrôle et provoquer le clash. Il faut beaucoup communiquer pour faire patienter. C'est là où réside la noblesse de la fonction.

Je demande donc beaucoup d'indulgence et de compréhension de la part des retraités et des élèves, cette frange la plus sensible des usagers.

 
Quelle est votre appréciation de la Revue « Le Trésorier » ?
 

«Le Trésorier» est une revue qui a fini par s'imposer à tous. Sans risque de me tromper, je peux affirmer que, c'est l'une des meilleures publications dans le domaine des finances. De par le sérieux de ses animateurs et la pertinence des thèmes abordés, elle a fini par acquérir ses lettres de noblesse. Je le lisais rarement auparavant. Mais aujourd'hui, je m'empresse de le lire grâce à son contenu très instructif. En outre, la lucarne réservée aux services permet d'être informé sur leur fonctionnement. En tout état de cause, on ne peut qu'exhorter la Direction de la Formation, de la Documentation et de la Communication à maintenir le cap.

 
Quels sont vos vœux pour la nouvelle année ?
 

En ce début d'année 2006, je souhaite la paix pour mon pays, paix sans laquelle aucune prospérité ne peut être acquise.

Que tous les Ivoiriens fassent preuve d'hu­milité, de pardon, de tolérance et d'amour les uns envers les autres afin de faire renaître la confiance perdue. Qu'ils acceptent de réconcilier leurs cœurs pour permettre à toutes les prières de converger vers Dieu le père, lui qui a la solution à tout.

Pour autant, j'ai bon espoir que l'année 2006 sera le début d'une ère nouvelle pour la Côte d'Ivoire, cette terre d'espérance et de prospé­rité promise à l'humanité.

A toute la grande famille du Trésor Public, je souhaite une très grande solidarité autour de M. Le Directeur Général afin de relever cet autre défi qu'est le défi de la qualité. Bonne et heureuse année 2006 à toutes et à tous et que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire.

Entretien réalisé par

Georges KOUASSI

Correspondant à Abengourou

     

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