La Microfinance Mondiale et
Nationale
2005 proclamée Année du
microcrédit
Par qui et pourquoi ? Quelle est
la
traduction concrète de cette initiative ? Quels bénéfices
peut-on en attendre ? Quelques éclaircissements sur une
initiative avant tout politique.
L’ONU a proclamé 2005 "Année internationale du
microcrédit" dans le but de renforcer l’impact de la
microfinance, aujourd’hui considérée comme un outil majeur pour
faciliter la réalisation des objectifs du Millénaire pour le
développement.
Les objectifs du
Millénaire pour le développement
Les
huit objectifs de développement dont ont
convenu les dirigeants du monde entier lors du Sommet du
Millénaire de l’ONU en septembre 2000 ont trait aux questions de
la santé, de l’égalité des sexes et de l’éducation, l’objectif
central étant de réduire de moitié l’extrême pauvreté d’ici
2015.
L’objectif central de l’Année du microcrédit est d’accroître
l’accès au crédit, à l’épargne, aux systèmes d’assurance, aux
services de transfert et à d’autres services financiers pour les
ménages pauvres afin de leur assurer de meilleurs moyens de
subsistance et par-là contribuer à la réalisation des objectifs
du Millénaire.
Quel est le but de
l’Année du microcrédit ?
La mission de
l’Année est de « promouvoir et d’encourager des systèmes de
microcrédit et de microfinancement viables partout dans le
monde, de faire connaître leurs contributions en faveur de la
réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et
de mettre en place des secteurs financiers participatifs qui
fournissent à tous les outils leur permettant d’améliorer leurs
conditions de vie ».
Les cinq
principaux objectifs de l’Année sont conçus de manière à
rapprocher les Etats Membres, les organismes des Nations Unies
et les partenaires du microfinancement pour qu’ensemble, ils
mettent en place des systèmes financiers viables et
participatifs et réalisent les objectifs du Millénaire pour le
développement.
Les objectifs
affichés sont les suivants : (1) Evaluer et promouvoir la
contribution du microfinancement aux objectifs du Millénaire
pour le développement; (2) Sensibiliser le public au
microfinancement pour lui faire comprendre qu’il représente une
dimension essentielle du développement; 3) Promouvoir des
systèmes financiers participatifs; 4) Favoriser un accès
durable; et 5) Encourager les innovations et les nouveaux
partenariats.
Que se passe-t-il ?
Au niveau de
l’ONU, deux traductions concrètes de cette initiative sont le
projet du Livre Bleu et le projet de banque de données sur la
microfinance.
L’objectif du
projet du « Livre Bleu » est de « pallier les
obstacles qui entravent la construction de secteurs financiers
intégrants et de proposer une analyse de fond sur les raisons
pour lesquelles une grande majorité de gens n’ont pas encore
accès à des services financiers solides».
Le projet doit également servir de point de référence aux
gouvernements afin de discuter de stratégies collectives, de
faire part des meilleures pratiques et d’améliorer les
mécanismes. Le mécanisme se terminera par la publication du «
Livre Bleu » au milieu de l’année 2005. Ce document doit
permettre aux Etats membres de définir des visions nationales
communes et des stratégies visant à aligner leurs secteurs
financiers nationaux pour atteindre les objectifs du Millénaire
pour le développement. En ce qui concerne le continent africain,
ce projet a été discuté lors de la réunion annuelle du réseau
AFMIN en décembre dernier
Partant du
constat qu’il existe peu d’informations sur qui fournit la
microfinance, sous quelle forme, qui en bénéficie et à quel
prix, l’ONU a réuni un petit groupe d’experts en statistiques et
des chercheurs des Nations Unies, de la Banque mondiale et du
Fond monétaire international ainsi que des gouvernements et des
intervenants du secteur privé pour mener à bien son projet de
données d’information. Ensemble, ils doivent aborder le
problème du manque d’informations, faire des prévisions sur les
besoins futurs et s’entendre sur la meilleure façon de préparer
l’avenir. Les informations disponibles serviront quant à elles à
stimuler le développement de marchés financiers et aideront les
gouvernements, les donateurs, les banques et les médias à
identifier les opportunités en vue d’élargir et approfondir
l’accès financier pour tous. L’objectif est de disposer d’un
ensemble d’informations sur des pays pilotes d’ici l’automne
2005. Pour plus d’information, contacter Christina Barrineau à
christina.barrineau@undp.org
Par ailleurs
cette initiative a pour effet de stimuler les efforts
d’organisation des acteurs de la microfinance au niveau régional
et national.
Dans la plupart des pays francophones, les opérateurs de
microfinance sont organisés ou s’organisent en plateformes
nationales. Celles-ci sont naturellement amenées à intervenir au
titre de « Comités nationaux » pour coordonner les activités de
l’Année du microcrédit dans leur pays.
En Europe par
exemple, l’Agence Française de Développement et la KFW (Kreditanstalt
für Wiederaufbau) s’associent pour organiser deux conférences
internationales qui auront lieu en juin prochain. Celle de
Paris (21 juin) portera sur la manière de mieux répondre à la
demande de services financiers des populations exclues et celle
de Frankfort (22 et 23 juin) portera sur les nouveaux
partenariats en microfinance et le positionnement des acteurs
privés.
A la marge de la conférence du 21 juin, le Collectif des acteurs
français du microcrédit et des finances solidaires organisera,
le 22 juin, un journée d’ateliers et d’échanges sur les thèmes
du microcrédit rural, de l’impact social de la microfinance, des
nouveaux produits et du microcrédit en Europe.
Une approche avant tout
politique et institutionnelle
L’Année
internationale du microcrédit (2005) « donne à la communauté
internationale l’occasion sans précédent de s’intéresser à cette
question, d’intensifier ses efforts et de renforcer les
capacités du secteur financier à satisfaire à la demande.
L’Année nous offre la possibilité d’augmenter les partenariats
entre les secteurs privé et public, partenariats qui
favoriseront les systèmes financiers participatifs, des secteurs
privés viables et des communautés autonomes ».
Il ressort des objectifs et des initiatives engagées dans le
cadre de l’Année du microcrédit que celle-ci est d’abord
politique (encourager le partenariat public-privé, reconnaître
l’importance de la « construction de secteurs financiers
intégrants », rapprocher la microfinance des marchés financiers
primaires, etc.) et concerne les décideurs avant tout.
… et de sensibilisation
du grand public
Par ailleurs,
l’Année du microcrédit offre sans doute une excellente occasion
de sensibiliser le public à la microfinance, et en particulier
au micro-crédit, et de faire comprendre en quoi elle peut
contribuer à lutter contre la pauvreté, et en quoi consistent
les programmes actuels qui appuient les secteurs financiers
participatifs viables partout dans le monde. La plupart des
interventions et communications réalisées dans le cadre de
l’Année du microcrédit témoignent plutôt d’une approche de
vulgarisation et d’une vision relativement basique et simplifiée
de la microfinance.
Pour en savoir plus
source: vu le site
www.lamicrofinance.org
EN COTE D'IVOIRE
Quels
textes régissent
les Institutions de micro finance, quelles sont ces
institutions
et quelle est leur force de
mobilisation de l'épargne en Côte d'Ivoire
en tout quelle politique ivoirienne pour la Microfinance.
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Voir le rapport annuel
2002-2003 de la Commission Nationale pour la Microfinance